Après un mitigé Contes de Terremer, Goro Miyazaki est de retour aux commandes d’un nouveau film d’animation […]

La Colline aux Coquelicots

Après un mitigé Contes de Terremer, Goro Miyazaki est de retour aux commandes d’un nouveau film d’animation pour le formidable Studio Ghibli. Dans un contexte un peu délicat pour le studio, vu que son père, Hayao Miyazaki, chercherait un successeur pour ses œuvres, le fils a-t-il réussi à relever le niveau dans cette adaptation d’un manga ?

 

coquelicots2 367x490 La Colline aux Coquelicots

 

Un peu de technique !

Titre original : コクリコ坂から, Kokuriko zaka kara
Réalisateur : Gorō Miyazaki (il a réalisé les Contes de terremer)
Scénario : Hayao Miyazaki (LE réalisateur du studio), d’après le manga de Tetsurô Sayama (scénario) et Chizuru Takahashi (illustration), du même nom.
Date de sortie : 11 janvier 2012
Durée : 1h31 d’étudiants !
IMDb : http://www.imdb.fr/title/tt1798188/

 

colline1 490x265 La Colline aux Coquelicots

 

L’histoire, en speed, mal racontée !

Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille maison en haut d’une colline au bord de la mer (le genre de vue qu’on aimerait bien avoir, plutôt que les immeubles parisiens, si vous voyez ce que je veux dire), qui sert un peu de pension, où elle y fait certaines tâches ménagères et la cuisine.

Un jour, sa vie est un peu bouleversée par sa rencontre avec Shun, un lycéen membre d’un foyer étudiant et membre du journal du lycée. Petit à petit, ils vont passer de plus en plus de temps ensemble, passant de sa participation au journal à son initiative de retaper le foyer des clubs (qui ressemble un peu à mon appart, mais en meilleur état). Mais ce qui aurait pu ressembler à un début de pitch de série à la Premier Baiser se verra prendre une autre tournure quand les deux lycéens découvriront quelque chose sur leur passé…

 

colline2 490x265 La Colline aux Coquelicots

 

Ce que j’en pense !

Le Ghibli nouveau, c’est un peu comme le beaujolais du même nom : on l’attend avec impatience. Bon, faut quand même avouer que, même si la comparaison me faisait marrer, elle s’arrête ici : le beaujolais nouveau, c’est quand même dégueulasse.

Mais trêve de référence alcoolisée, passons plutôt au deuxième film de Miyazaki fils.

 

Bon, déjà, ce qu’on pourrait reprocher d’entrée, c’est, un peu comme Hugo Cabret d’ailleurs, le temps que met le film à démarrer. Un peu lent au début, l’histoire met un certain temps à se mettre en place. Même si le film n’a au final pas le but d’être un film ultra dynamique, avançant à cent à l’heure, on sent que le réalisateur cherche à mettre en place son histoire calmement, sans se presser, et j’avoue que j’avais un peu peur au début que ça ne s’envole pas quoi.

Et d’ailleurs, il ne faut pas s’attendre non plus à voir un film d’action dans ce Ghibli hein :P. Régulièrement contemplatif, le film a un rythme très posé, où le spectateur a le temps d’admirer ce qu’il voit à l’écran, ce qu’il entend aussi. Et ce n’est vraiment pas si désagréable car il y en a des choses à admirer !

 

En effet, l’univers graphique classique d’un Ghibli est présent, nous enrobant dans un univers que l’on connait déjà et que l’on apprécie. Comme c’est agréable, c’est un peu comme si, à force, on était chez soi !
Les personnages ont un chara design connu, l’animation est parfaite pour un film en 2D traditionnelle, les décors magnifiques nous font nous sentir au bord de la mer, et on retrouve tout un tas de références, de style, aux anciens Ghibli qui contribuent à ce sentiment de “home sweet home” qu’on retrouve dans le film. Sur ces points du moins, ce qui n’est pas tout à fait le cas de l’histoire.

 

Contrairement à ce qu’on a pu voir dans d’autres films du studio, la Colline aux coquelicots ne joue pas du tout sur le plan du fantastique. Exit Totoro et compagnie, l’univers et l’histoire du film sont bien plus classiques, adultes. Disons que c’est un peu comme si on était à mi-chemin entre un Totoro et un Tombeau des lucioles. Ce qui plait, ou ne plait pas.

L’histoire, plutôt bien ficelée, se déroule dans un contexte très fort pour le Japon des années 60, avec la reconstruction d’après guerre et la préparation aux jeux olympiques de Tokyo. Gôro et Hayao font évoluer leurs personnages en jouant énormément sur ce sentiment de reconstruction. Umi a une enfance un peu délicate suite à la disparition de son père, mort en mer, et avec une mère absente. Mais elle doit quand même faire ses tâches et aider sa grand-mère à tenir la pension. En parallèle, les étudiants tentent de sauver leur foyer étudiant d’une entreprise de démolition et vont, pour cela, le rénover entièrement !
Bien sûr, le tout est emballé d’amitié, d’amour, de traditions, de combats enthousiastes et impliqués des étudiants, et bien entendu de l’humour et la poésie classiques des Ghibli, qui fait toujours plaisir à voir !

Et ce côté poésie est encore plus renforcé par une bande son superbe, très bien choisie, qui donne parfois la pêche, parfois la petite larmichette au coin de l’œil ou encore juste une petite évasion le temps d’un instant.

 

 

En bref, il ne faut pas aller voir le film en se disant que ça va être un Ghibli qu’on a l’habitude de voir. Je suis sûr que beaucoup seront déroutés par cet aspect justement plus adulte, voire même lent et surtout moins fantastique/féerique, mais il vaut tout de même rudement le coup à voir, de par son aspect reposant, posé, tranquille et extrêmement beau, de par son histoire et son visuel.

Au final, Gôro Miyazaki réussit un deuxième film bien plus sympathique que son précédent essai et très agréable à regarder, sans pour autant s’élever au niveau des films qui ont fait le succès du studio. Ce n’en est pas moins encourageant pour la suite icon smile La Colline aux Coquelicots

colline3 490x272 La Colline aux Coquelicots

Yacks et gnous…

Yak icon La Colline aux Coquelicots Des graphismes et une animation absolument magnifiques.
Yak icon La Colline aux Coquelicots Poétique, drôle, triste, etc.
Yak icon La Colline aux Coquelicots Une très très bonne bande son.

Gnu icon La Colline aux Coquelicots Un rythme lent qui peut dérouter.
Gnu icon La Colline aux Coquelicots L’absence de fantastique, qui peut aussi dérouter :p

Bref,

Rating: star La Colline aux Coquelicotsstar La Colline aux Coquelicotsstar La Colline aux Coquelicotsstar La Colline aux Coquelicotsstar La Colline aux Coquelicotsstar La Colline aux Coquelicotsstar La Colline aux Coquelicotsblank star La Colline aux Coquelicotsblank star La Colline aux Coquelicotsblank star La Colline aux Coquelicots 

 

Et voici la bande-annonce du film :
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